Chronique-ciné n°1 (10 films)


écrite le 13/12/2011


Un flic de J.P. MELVILLE (1971) 1*

Un bon film. Le dernier de son réalisateur. Mais qui ne vaut à mes yeux que pour le regard interrogateur que l'on peut porter sur le Paris de la fin des années soixante. Avec un Delon un peu caricatural et une Deneuve muette. Loin derrière "Le Samouraï" (génial) du même Melville avec le même Delon.


Tempête à Washington d'O. PREMINGER (1961) 3*

Les dessous de la politique américaine (au Sénat). Ou comment, avec un scénario plutôt austère, amener une tension et un suspense inouïs. Avec un Henri Fonda impeccable et un Charles Laughton comme souvent exceptionnel (ici en vieux sénateur retors).


La captive du désert de R. DEPARDON (1990) 2*

Plutôt photos dans lesquelles se meuvent des personnages que film au sens où on l'entend habituellement (mais quel est-il au fait ce sens ?), cet objet visuel de Depardon, d'une lenteur absolument inusitée, me laisse un grand souvenir : des cadrages à couper le souffle. Sandrine Bonnaire est excellente, les paysages magiques mais je ne crois pas être totalement disposé (par mes goûts cinématographiques) à m'extasier à la vue de ce type de film. Je dois rater quelque chose je pense.


Rude journée pour la reine de R. ALLIO (1973) 2*

Beaucoup d'humour, de tendresse, d'originalité (le film mélange la vie réelle avec une vie fantasmée). Mais ce fut un rendez-vous manqué pour moi avec ce film (la fatigue m'a empêché d'en goûter toute la saveur). Je retiens quand même qu'au générique se croisent Gérard Depardieu et Orane Demazis (vous savez celle qui clame "Mariuuuuuuuus" dans la trilogie de Pagnol). Je trouve ça épatant.


Le mépris de J.L. GODARD (1963) 3*

Après avoir eu des difficultés à entrer dans l'univers de Godard, peu convaincu par "Alphaville", "A bout de souffle", "Soigne ta droite" et "Sauve qui peut la vie", voilà que "Le mépris" m'a conquis. Par ses hommages incessants au cinéma (notamment à Guitry pour le générique de début me semble-t-il), par une musique d'un lyrisme fou (signée Delerue), par la présence de Fritz Lang dans son propre rôle ainsi que celle de Jack Palance. Par la beauté qui se dégage des images. Seule (petite) ombre au tableau : Bardot ne me convainc pas. Assez fade face à Piccoli.


Désirs humains de F. LANG (1954) 1*

Un petit Fritz Lang. Remake de "La bête humaine" de Renoir (pas vu d'ailleurs) et toujours d'après Zola (au générique). Le couple Glenn Ford/Gloria Grahame est mille fois moins bon que dans "The Big Heat" (grand film du même Lang) et Broderick Crawford carrément mauvais. (je me disais l'avoir vu quelque part et ... bingo ... c'est revenu : dans "Il Bidone" de F. Fellini. Incroyable non ? Il était d'ailleurs très convaincant). Tout semble factice dans ce film.


Emotifs anonymes de J.P. AMERYS (2010)1*

Un gros point positif : deux acteurs qui jouent juste (Poelvoorde et Isabelle Carré). Du coup, au début on se laisse prendre on jeu. Malheureusement, trop de facilités dans le scénario, des personnages secondaires trop caricaturaux et... encore le thème de la fabrication du chocolat (fatiguant). Finalement à peine mieux qu'un téléfilm. Le succès d'estime que le film avait eu me semble exagéré.


The Misfits de J. HUSTON (1961) 3*

Un scénario d'Arthur Miller pour sa future ex-femme Marilyn Monroe (bouleversante, son plus grand rôle ?). Clark Gable en Cow-boy crépusculaire qui n'a plus sa place dans la société américaine des années 50-60 (à rapprocher de l'extraordinaire "Seuls sont les indomptés" 4* avec Kirk Douglas dans le rôle du Cow-boy). Et Montgomery Clift (après l'accident qui lui a défiguré le visage) méconnaissable en jeune cow-boy allumé. Eli Wallach complète à merveille la distribution. Certaines scènes sont inoubliables et l'atmosphère est vraiment singulière (dans un tout autre style que "la Nuit de l'iguane" mais toujours avec quelque chose DE PLUS que la réalité). Comment ne pas rappeler que Gable (qui a tourné toutes les cascades) est mort quelques jours après le tournage, que c'est le dernier film (entier) de Monroe et que Clift n'en a plus pour longtemps.


Une place au soleil de G. STEVENS (1951) 3*

Du grand mélo. J'ai été complètement emballé. Pas grand-chose d'autre à dire. Si ce n'est que le regard d'Elizabeth Taylor quand elle est dans les bras de Montgomery Clift m'a profondément ému.


Le cri de M. ANTONIONI (1957) 3*

J'ai démarré ce film un matin à 7h. Pour voir un peu. Pas sûr qu'un Antonioni ça passe bien au lever... Et... je n'ai plus décroché. Film sur l'errance. Ou comment se sentir en exil à quelques kilomètres de chez soi. Film sur les compagnes possibles dans la vie d'un homme. Enfin, film sur les paysages de la campagne ferraraise et du Delta du Pô dont la magie (transcendée par les cadrages somptueux d'Antonioni) m'a laissé pantois. La musique pour piano de Giovanni Fusco (inconnu au bataillon) teintée d'impressionnisme est un pur bonheur.


0* = indigeste, à ne voir sous aucun prétexte

1* = visible mais dispensable

2* = bon film

3* = grand film, voire très grand film

4* = inoubliable (mais cette part d'inoubliable qui n'a rien à voir avec la qualité du film, plutôt avec le moment auquel on le regarde, ou les personnes avec lesquelles on le regarde. Bref, du totalement subjectif)

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